12 juillet


le trajet d'aujourd'hui : Landmannahellir, Landmannalaugar, F208, Vík í Mýrdal, Selfoss, F26, F208, Landmannahellir.


  • Je me réveille à 07h30, et le temps dehors n’a pas l’air terrible, je viens de passer une bonne nuit bien au chaud et je n’ai pas eu mal au dos, c’est la seule bonne nouvelle du début de la matinée. Les ruscoffs ronflent à pleins poumons dans la tente à côté, j’ai bien envie de les réveiller en faisant du bruit pour voir ce que c’est le respect d’autrui … façon de se venger d’hier soir … bah, je laisse tomber ça n’en vaut même pas la peine. Il se remet à pleuvoir, ça annonce une grande journée en perspective, voyons voir quel est le programme pour aujourd’hui : j’ai le choix dans la région, c’est soit grosse rando au Landmannalaugar, soit la faille d’Eldja ou le volcan de failles éruptives Lakagígar (Laki). En fait tout cela conditionnera mon trajet futur vers le retour sur Reykjavik. Le vent à l’air de se lever, mais j’ai une flemme d’enfer ce matin, je reste bien au chaud dans le duvet. Y’a les chiens des italiens qui courent et reniflent entre les tentes, j’aime pas bien cela, peuvent pas garder leurs cabots attachés (normalement si je me souviens bien, dans un camping, d’autant plus en réserve naturelle, ils ne doivent pas être en liberté), de toute manière je trouve ça aberrant d’emmener des animaux domestiques sur un voyage comme l’Islande. Il fait 7°C et le ciel est toujours bien couvert de partout, une fois bien habillé je tente une sortie dehors, c’est terrible !!! Allé un bon petit dèj et je fais ensuite une expérience extraordinaire : la vaisselle à l’eau froide avec le froid et le vent qu’il fait, c’est saisissant, inoubliable !!! (Surtout au niveau des doigts) heureusement qu’il n’y a que le verre et la petite cuillère. Il est 09h00, je fais quoi maintenant ? Je vais me lancer au moins sur la route du Landmannalaugar, on verra bien, je ne vais quand même pas rester dans la tente toute la journée. La piste F225 est toujours aussi mauvaise, elle ne s’est pas arrangée dans la nuit, dommage …

    mais déjà des massifs de rhyolite apparaissent avec la fameuse montagne "zèbre" : Stórhöfði.

    Je me fais un petit détour au lac Ljótipollur qui se trouve dans un cratère d’explosion de 1500m de long, il s’est formé en 1500 lorsque l’activité volcanique était intense dans la région.

    En chemin je croise une 10ène de motards en MotoCross et 2 motards en moto routière, sûrement 2 qui ne savaient pas ce que c’était les pistes ici !!! En moto, bonjour les lombaires et les cervicales. Le lac Ljótipollur est très beau avec les flans du cratère rouge feu foncé, c’est géant, j’imagine bien le jour où ça a pété ici, il ne devait pas faire bon à se promener dans lés parages !!! Mais le vent s’est bien renforcé, il me gène même dans ma marche sur la crête du cratère. Et je vois 3 téméraires qui taquinent le gardon au fond du cratère dans le lac, munis de cuissardes ils ont l’eau à mi-jambe, je leur souhaite bien du plaisir avec ce froid. Il fait plus froid ici en plein été qu’en France en plein hiver !!! Je me ramasse quelques scories au bord du cratère.

    Du lac jusqu’au Landmannalaugar la piste est très mauvaise mais les paysages sont féeriques, avec le lac Frostastaðavatn et la coulée d’andésite qui y tombe dedans, les couleurs de la montagne, de la mousse, de l’eau et de la lave, c’est inimaginable, plus loin ces champs de lave décharnés recouverts de mousse verte claire …

    J’arrive enfin au fameux camping du Landmannalaugar, il est bien rempli, un monde !!!! Toutes les tentes se touchent, en fait je suis très bien à mon camping à Landmannahellir, c’est peut être moins célèbre qu’ici mais bon on est au calme (même avec des voisins bruyants), le parking est plein de 4x4 et de bus, ha oui il y a bien plus de 100 tentes ici. Malheureusement le site est dans le brouillard complet, il hors de question de refaire l’expérience d’Askja (04 juillet). Bon inutile de rester ici à patauger dans la purée,

    je continue direction la faille d’Eldja et le Laki sur la F208, c’est une piste très très mauvaise, caillouteuse. Encore des aventuriers de la 1ère heure, je croise une Wolkswagen Polo et 2 quads. Et un temps toujours aussi exécrable avec un brouillard à couper au couteau, une pluie pas possible, je ne vois strictement rien du paysage qui m’entoure, apparemment ça à l’air d’être assez vert. Il y a beaucoup de gués à franchir.

    Il me faut bien 1 heure pour relier le Laugar à la faille d’Eldgjá, il est hors de question de repasser par cette piste au retour, elle m’est très fatigante, surtout avec ces conditions climatiques. La faille d’Eldgjá est complet dans le coton,

    il est 13h00 et le ventre commence à crier famine, je ne me laisse pas abattre et je prépare dans la voiture un bon gros plat de nouilles asiatiques, si ça ne me cale pas le bide çà !!! En fait je m’envoie 2 sachets de nouilles, il faut tout finir avant de partir.

    Et toujours pluie, brouillard, vent au menu du jour, quel contraste de temps avec hier à Geysir. Je deviens de plus en plus aigris avec ce temps de merde, pendant 1 heure que je reste à la faille, bien 7 bus sont venus déposer des touristes habillés de la tête au pieds en K-way pour venir voir la cascade au milieu de la faille, c’est affligeant ce que l’on peut être bête … et ils reviennent trempes comme des soupes !!! Franchement les compagnies qui proposent ces voyages organisés, pourquoi n’annulent-elles pas ces journées ? On ne peut strictement profiter de rien, rien voir, rien faire. Ils traitent les touristes comme du bétail, si tel jour c’est visite de tel truc et bien ils y vont quel que soit les possibles inconvénients notamment météorologiques, mais que je trouve ça nul. Ça m’étonnerai que les gens qui reviennent devant moi complètement trempes dans le brouillard et la pluie aient pu profiter de quelque chose ici. Je suis bien content de partir ‘alone’ et faire ce que je veux, quand je veux et comme je veux, aucune restriction de personne. Je repars vers la N1, la piste est de plus en plus fatigante mais un peu plus droite aussi, pour le temps c’est de pire en pire je ne vois plus qu’à 10/15m devant mes phares, c’est très dur. 14h30 je m’arrête au bord de la piste pour faire une sieste car je n’y tiens plus et reprendre quelques forces. 45 minutes de sieste et je repars, il est 16h00 quand je tombe sur la N1 et toujours les conditions dantesques : ‘pluie et brouillard’ comme dirait Jean Ferrat, ha non je me trompe c’est Dick Rivers qui chantait ça, Ferrat lui c’est ‘nuit et brouillard’ qu’il chantait.

    C’est pas la peine de monter au Laki car il doit faire le même temps qu’ici et je prends la direction de Vík í Mýrdal, quand je traverse le village je repense à l’aller il y a 15 jours. La route est bien monotone, il fait 10°C. J’arrive à Selfoss à 18h00, je mets de l’essence chez le brave Orkan et courses pour ce soir dans un supermarché, je rencontre 3 français qui se galèrent dans le magasin pour trouver de l’alcool et du vin, je les préviens qu’ils n’en trouveront pas ici, il faut aller dans des magasins agréés par l’Etat islandais pour la vente d’alcool, et en plus c’est très très cher. Pour moi je me prends du hareng fumé vraiment pas cher comparé au poisson frais et des sortes d’anneaux d’encornés, je ne sais pas trop comment je vais les préparer mais bon je vais bien me débrouiller, je remarque de ces oignons jaunes aussi gros que des melons, j’ai jamais vu ça. Je repars pour Landmannahellir avec mon unique station radio écoutée jusqu’ici : Bylgjan, ils viennent de passer ‘born to be alive’ et hier ils ont passé Trenet (‘la mer’) ça doit être le Nostalgie local. La pluie a laissé place à de la bruine, ce qui est guère mieux par contre le vent souffle encore de plus belle … sur la route 32, je crois apercevoir une éclaircie sur le volcan Hekla au loin, non un mirage, mes yeux me trompent … mais non !! Je ne rêve pas !! Des semblants de nuages blancs et quelques trouées de soleil là bas, car partout ailleurs c’est gris morne plaine.

    Allé un coup de U2, Queen et Madonna sur Bylgjan et hop le moral repart à la hausse surtout que l’éclaircie à l’air réelle. Je passe devant une grande infrastructure du nom de Sultartangastöð (si quelqu’un sait ce que c’est ?) avec un immense canal qui part d’une sorte de centrale électrique peut être.

    J’ai vraiment envie de rentrer à la tente, c’est course contre la montre pour arriver le plus tôt, 130 km/h sur la route 32 et je me loupe l’embranchement avec la F225 et me voilà sur la F26 comme un con, bien joué ça Régis …

    Je récupère quand même la F208 un peu plus loin qui traverse un grand champs de lave du style Askja. Après cette longue traversée de désert je longe aussi la grande centrale hydroélectrique de Sigalda d’où partent de nombreux pylônes. J’arrive pas loin de Landmannahellir et du camping, à une intersection je parie que ça mène direct au camp depuis le lac Ljótipollur. J’avais raison, j’arrive enfin au camping à 21h00, 140 km après Selfoss, il fait 08°C et il ne pleut plu mais le ciel est toujours chargé de nuages et du gros vent. Ah, St Martial m’a téléphoné, j’ai pas entendu le portable. Le grand point positif : je pars direct vérifier l’intérieur de la tente elle doit être mouillée, et bien non tout est sec à l’intérieur !!!! En plus les russes sont partis !!! C’est la fête ce soir à Landmannahellir !!!! Je gare le 4x4 tout contre la tente pour l’abriter du vent trop fort. J’ai pris ces encornés, avec une poche de riz à la tomate ça fera l’affaire. Ma gamelle est pleine à raz bord,

    mais c’est bizarre ça se coupe trop facilement, c’et pas des encornés c’est des rondelles de poissons !!!! Ca se mange quand même avec un léger goût d’oignon!!

    Un islandais me fait blaguer à la vaisselle avec le froid, je me les gèle grave, c’est sûr lui doit être habitué à ce temps minable, si ça se trouve c’est carrément canicule pour lui !!! Je fais un petit peu de rangement dans le 4x4 et je vais au lit (façon de dire) à 00h00, même si le temps est couvert on y voit comme en plein jour, c’est vraiment énorme le soleil de minuit. Il fait 08°C et le vent qui redouble d’intensité, j’ai eu la bonne idée de le couper de la tente avec le 4x4 sinon je me serais retrouvé la toile contre ma tête !!! Ca souffle tellement que je me mets les bouchons. A 05h30 du matin un mouton vient bêler juste au coin de la tente, y’a pas mieux comme réveil.